Journal pour une politique ouvrière

Affilié à l'Entente internationale des travailleurs et des peuples

Journal pour une politique ouvrière

 

Premier juin 2009 :

Journal n° 304

200 chômeurs de plus chaque jour
La perspective de 9% de chômeurs
chez les 19-25 ans
Il faut des vraies réponses, pas du
baratin
Il faut interdire les licenciements

 

 

 

 

 

 

 

Editorial

 

Il faut une vraie réponse, maintenant!

 

En une année, d’avril 2008 à avril 2009, le chômage a augmenté de 35’829 personnes soit une augmentation de 35.5%.

Entre mars et avril dernier, 2000 travailleurs de plus se sont trouvés au chômage dans ce pays. Près de 36’000 en une année. L’augmentation frappe particulièrement certains secteurs : dans l’horlogerie, l’augmentation par rapport à l’an dernier se monte à 157%, dans l’usinage de métaux, à 150.8%. Chez les machinistes, à 100%, parmi les ingénieurs et les techniciens, respectivement à 57 et 61%. Dans le secteur de la construction, le taux de chômage depuis l’an dernier croît de 53.7%, dans le secteur des banques et des assurances, de 53%. Et ce sont les jeunes qui sont les plus particulièrement touchés : le taux de chômage des 20-24 ans se situe à 5.8%, et, dans cette classe d’âge, le nombre des chômeurs a crû de 51% depuis l’an dernier !

Doris Leuthard formule un pronostic inquiétant, prévoyant que le chômage touchera 9% des jeunes travailleurs l’an prochain ! En résumé, 133’000 travailleurs sont au chômage, parmi lesquels 22’000 sont des jeunes, et il y a au total 12’400 places vacantes annoncées officiellement.

Dans cette situation, l’administration affirme vouloir prendre des mesures pour combattre le chômage des jeunes ! La Conseillère fédérale Doris Leuthard a convoqué une conférence de presse le 28 avril dernier sur ce thème, conjointement avec les « partenaires sociaux ». Elle a présenté à cette occasion un « flyer » (en français dans le texte) adressé aux jeunes sans emploi et, simultanément, aux entreprises.


Aux jeunes diplômés, on propose des stages professionnels, des stages à l’étranger, des stages de formation, des « solutions transitoires» (sous forme de séjours linguistiques, par exemple), les semestres de motivation…

Pour ce qui est des employeurs, notamment dans une lettre annexée au dossier à leur intention, Doris Leuthard se contente de les supplier : « Je vous invite, dans la mesure de vos possibilités, à confirmer le soutien que vous manifestez actuellement, et, si possible, à le développer. Je vous encourage, d’une part, à engager les apprentis qui ont été formés chez vous et, d’autre part, à offrir des places de stage supplémentaires destinées à des jeunes. L’assurance chômage soutient ces places pour jeunes chômeurs en manque d’expérience professionnelle et prend en charge jusqu’à 75% des charges salariales ».

Comment accepter ?

Comment accepter que les jeunes qui sortent de 3, voire 4 ans d’apprentissage soient exclus du marché su travail sous prétexte qu’ils« manquent d’expérience professionnelle » ?

Comment accepter que les patrons puissent engager des jeunes – qualifiés – et faire payer les salaires par l’assurance chômage ?


Comment accepter que l’administration fédérale se prête à cette pantalonnade, qui consiste à remplacer des travailleurs confirmés par des jeunes qu’ils ne payeront pas ?


Comment comprendre que l’USS participe aux conférences de presse qui présentent ces « propositions » ?


La crise fournit en fait le prétexte pour liquider les droits et garanties des jeunes travailleurs. Doris Leuthard, dans son courrier adressé aux patrons, dévoile tout son jeu : « Il faut que ces jeunes trouvent sur le marché du travail la possibilité d’acquérir et de développer les qualifications nécessaires ». Mais nous parlons de jeunes diplômés. Les écoles professionnelles ne viennent-elles pas, justement, de leur octroyer des titres attestant d’une qualification professionnelle ?
Il n’y a pas là la moindre mesure de combat contre le chômage des jeunes !

Ils ont trouvé 68 milliards pour l’UBS, qui a utilisé ces sommes notamment pour financer des plans sociaux, et ils privent la population laborieuse de tout droit à l’existence ! Assez de baratin ! Le droit de travailler, c’est le droità l’existence, pour des dizaines de milliers de jeunes ! Pour que les jeunes puissent travailler, il faut d’abord qu’il y ait des places de travail ! Il faut d’abord que soient interdits les licenciements et les suppressions de postes !

L’USS entend organiser en septembre une vaste manifestation contre la crise. Ne faut-il pas que d’ores et déjà dans tout le pays elle commence à se préparer pour en assurer le succès ? Ne faut-il pas qu’au centre de la mobilisation indispensable pour la sauvegarde des intérêts ouvriers figure l’exigence de l’interdiction des licenciements ?

Pour notre part, nous mettrons tout en oeuvre pour soutenir cette mobilisation en constituant des comités pour l’unité pour l’interdiction des licenciements et en poursuivant la collecte des signatures sur l’appel.

Max Robert